Zinga ne fera aucun sentiment

A la recherche du temps perdu. La dernière lecture de Kevin Zinga fait écho à sa vie. « Je suis arrivé à 6 ans en région parisienne avec ma mère. J’ai intégré la préformation des Girondins de Bordeaux sept ans plus tard plein d’espoir. » L’enfant de Brazzavile (République du Congo) perd un peu de ses illusions lors de la séparation avec Bordeaux en 2017. Fin de contrat brutale.
Il enchaîne une saison à Cholet puis une autre à Mérignac/Arlac et enfin six mois à Angoulême. « Ça ne collait pas avec le coach, commente-t-il. Il ne m’a jamais vraiment fait confiance. » Malgré onze apparitions en N2 plus trois en Coupe de France dont une titularisation contre Strasbourg (L1).
« Mon ressenti est positif » « J’ai besoin d’enchaîner les matchs, j’ai besoin de ressentir de la confiance à mon égard. Avec Antoine Vergès (ndlr : l’entraîneur de Mérignac/Arlac), j’étais comblé. On a réalisé une deuxième partie de saison épatante (2018-2019). Mérignac/Arlac est un peu mon deuxième chez moi. »
Mais les sentiments resteront aux vestiaires ce soir à l’occasion de sa deuxième sortie officielle face à un 13 en pleine déconfiture. « Je défends les couleurs de Poitiers, mon implication sera totale. On rigolera avec mes anciens partenaires après le coup de sifflet final. » Au Stade Poitevin, il espère recouvrer le plaisir perdu en Charente. « Je suis là depuis quinze jours, mais mon ressenti est positif. Le groupe est composé de bons joueurs. J’ai été bien accueilli, maintenant on doit démarrer une série pour recoller à la tête. Ce n’est pas passé loin contre Bayonne (1-1), j’ai vu dans cette rencontre des choses encourageantes. »
Toutes ces expériences ont fait grandir Kevin Zinga, d’une maturité confondante à 22 ans. Il n’aime rien tant que la lecture, les voyages « pour se nourrir de nouvelles cultures ». Mais par-dessus tout, il adore le foot, le ballon. Parfois à l’excès. « J’aime dribbler, percuter, toucher la balle. Mais c’est vrai qu’il m’arrive d’en faire trop, comme d’effacer un adversaire puis d’attendre pour l’effacer encore (il s’en amuse). Je dois gommer ça pour être plus efficace. » Poitiers a besoin de ce Zinga-là afin d’effacer un début d’année marqué par une inefficacité chronique: trois buts inscrits seulement en cinq sorties.
A La recherche du temps perdu, « de Marcel Proust », précise-t-il enfin, c’est aussi après quoi Poitiers court depuis le 23 novembre (2-0 à Anglet).
Source : Article centre presse